Vérité
Où es-tu toi sur laquelle on jure
Devant tous ces bourreaux, attablés
Devant des dignités qu’on dit mûres
Et de tous ce titres, afflublés?
Les uns s’écrient; là-voilà; les autres
S’ébrouent en la niant et jurant
Sur la tête chauve de leur hôtes
Portant perruques tout en hurlant.
Oui! Où t’es-tu nichée, dans ce monde
De cet époque d’entre les temps?
Chacun sans le savoir, à la ronde
La repousse, tout en la fuyant.
Certains de peur, la fuit comme peste
Mille et une excuse se trouvant
Pour l’écarter, et fuir d’un pas leste
Pour se mettre à l’abri de son vent.
Ceux qui, la divulguer, la prôner ose;
De la société sont mal vu.
Et toute leur vie devient moins rose
Devant tous ces truands à l’affût.
Mais d’autres cherchent ton existence
Non plus dans ce monde d’aujourd’hui
Mais dans ces couloirs (que l’on encense),
De toute pensée, parsemé d’huis.
Et c’est là, sur le seuil de ces portes
Que tu demeures toi: Vérité
Non ces vérités de toutes sortes
Mais celle que l’homme a hérité.
Et c’est ainsi qu’en ces temps les hommes
Ont trouvé leur vérité, leur voie
Par cette pensée, fruit de la somme
De leurs défaites, dû à leurs lois.
© Plume, 6 janvier 1967