Une ombre dans la nuit
Une ombre, furtive dans la nuit
En une route dépavée fuit.
Elle court butant sur les racines.
À la recherche d’une âme frangine.
Son coeur vibrant de solitude.
En une pulsation flanche, titube;
Et plein de remords inutiles.
Sentiments dispersés, s’exile.
Ses pensées dénuées de joie,
Dans les flots du néant se noient.
Et du vide effrayant de l’oubli.
Malgré elle, lentement s’y confie.
Mais doucement avec le jour levant,
L’ombre s’estompe dans le néant
Dans ce rude sentier qu’est la vie
Qu’aucun de nous, destin n’envie
Celui de cette ombre solitaire
Qui toujours dans la nuit se terre
Plus de conscience que de corps
Fuyant, devant les maux du dehors.
Fuir, fuir, le voilà son destin.
Son obsession en fait festin.
Parmi les déchets innondes.
Qui rejetés, errent en ce monde.
Maintenant la voilà contrainte
Pour survivre dans cette crainte
D’errer sans fin dans les nuits
Qui demeureront toujours sa vie.
© Plume, 20 novembre 1966
Gagnant d’un concours littéraire à
Mont-Laurier, Québec.