Frissons!
Qui dans le vent et dans la neige,
Un soir d’hiver,
N’a pas marché seul(e) dans la nuit?
Il fait froid et il neige.
Le ciel et la terre liés par la tourmente,
Attendent l’imprudent (e).
Le vent ajoute au décor, hurlant dans les arbres.
S’acharnant sur les branches dénudées.
La neige fouette ton visage et c’est froid.
Au début ce n’est que piquant.
Tu as beau être bien vêtu (e),
Tu ressens déjà la morsure du froid.
Et tu marches.
Devinant le chemin,
Plutôt que le voyant.
Mais ce n’est pas important,
Ce n’est qu’une sensation.
Et tu marches.
Pour te protéger les joues,
Tu respires au travers d’un foulard.
La buée de ton souffle, le givre.
Les glaçons se forment, pendouillent au bout de ton nez.
Tu en ressens une chaleur qui est bonne,
Mais c’est la chaleur que ton corps perd.
Chaleur de vie.
Et tu marches.
Les milles pas que tu parcours,
Deviennent Éternité
Et tu regrettes d’être parti (e).
De temps à autre, tu te retournes,
Pour avancer à reculons, trébuchant , titubant,
Pour échapper à ce vent qui insiste, qui pique,
Qui mord!
Et tu marches.
Ton corps se refroidit,
Tes doigts s’engourdissent,
Les cuisses te piquent.
Tes forces s’ammenuisent.
Les pieds toujours en contact avec ce froid intense,
Commencent à geler.
Et tu marches.
La douleur monte.
La douleur d’avant les gelures.
Car une fois gelés, le mal disparait, engourdi.
Une larme coule de tes yeux,
Gelant avant mëme d’arriver à tes joues.
Tu remontes ton foulard pour protéger tes yeux.
Par ce fait tu découvres ta gorge et tu frissonnes.
Et tu marches.
Ton corps semble se vider de sa vie.
Et là, la sensation de froid diminue,
Tu en ressens un doux soulagement,
Mais c’est pire et tu le sais.
Les sensations ne passent plus le long de
Tes muscles gelés, et tu as peur...
Et tu marches.
Et soudain, au détour d’une courbe qui n’en finaissait plus,
Tu vois !
Une lumière scintillante dans les bourrasques de vent et de neige.
Lumière perdue dans les sapins,
Lumière froide dans la nuit,
Lumière de chaleur et de vie,
Alors vers elle, tu cours......
Et tu tombes!
© Plume, 24 janvier 1998